Louis Ferdinand

Louis Ferdinand 

Ma passion pour les sports mécaniques remonte à bien longtemps. Mon père faisait des courses de voitures, et en l’accompagnant, j’ai appris à marcher sur un circuit! 
 
Un été, avec mon frère, nous avons fait un petit stage de karting pendant une semaine. C’était amusant, nous étions heureux et avons voulu faire un peu plus, essayer de participer à une course. Petite compétition régionale, nous ne connaissions rien, et ce n’était finalement pas simple de passer d’un karting de location à un de course.
 
Je me suis rendu compte que je commençais tard, 10 ans, alors que mes concurrents avaient débuté à l’âge de 5 ou 6 ans. Je profitais du mercredi pour m’entraîner et tâcher de combler mon manque d’expérience. Et finalement, à la fin de cette première année, les premiers résultats apparurent. C’était bon pour le moral, et parfait pour négocier avec mes parents une deuxième année, en ambitionnant de grimper un échelon et participer à des courses nationales. Matériel plus performant, des pilotes chevronnés, une vraie structure pour nous accompagner. Des circuits à découvrir, donc des tracés à apprendre, un vrai travail pour un jeune de 11 ans ! Pas simple au début, mais avec du travail, de l’humilité et beaucoup d’efforts cela a fini par payer et les premiers podiums nationaux m’ont tendu les bras. Pour 2011, objectifs revus à la hausse, l’ambition de gagner un titre de champion, donc un vrai entrainement hivernal prévu à partir du mois de mars pour briller dès le début de la saison fin avril.

Mais, lors de la dernière descente à ski, le dernier jour des vacances de février 2011, je fis une terrible chute avec un diagnostic sans appel : tassement de 4 vertèbres et 3 autres fracturées. 6 mois de corset, du menton au bassin, 6 long mois sans pratiquer le moindre sport. Je n’aurais jamais dû refaire de karting. Mais au fond de moi, l’envie, la rage et la force me firent accélérer ma rééducation. Et avec l’appui de mes parents et grâce à une dérogation de le fédération, j’ai pu participer à la dernière course de la saison. Manquant de repère et d’entrainement, je suis parti 32ème sur 34. Au prix de très gros efforts, avec une force en moi insoupçonnée, j’ai au fil des manches et de la course fini par terminer 5ème. Plus qu’une victoire pour moi.

En 2012, changement de catégorie, je passe en cadet. Début difficile, 1 an sans rouler, manque de repères, d’automatismes. Le doute s’installe, mais avec mon frère et mes parents je me bats. Et je fais la pôle au championnat de France. Hélas des problèmes mécaniques m’empêche de terminer. De beaux podiums et une très belle 2ème place à la coupe de France. J’ai beaucoup grandi et dois à nouveau changer de catégorie en 2013, et à 14 ans je dois affronter des adversaires qui ont 20 ans.

Encore des podiums et les premières courses européennes. En 2014, tout le championnat d’Europe et de belles victoires en France. Mon jeune frère m’a rejoint dans cette catégorie, nous roulons dans la même équipe, nous entraidons et gagnons toutes les premières courses de la saison en France !  Mais le kart me prend de plus en plus de temps, je n’arrive plus à travailler correctement au collège et je supporte de moins en moins bien la pression et le stress lors des grandes épreuves.

Il est très difficile de rester concentré et en pleine possession de ses moyens pendant toute une semaine de course. Je ne suis pas prêt à tout sacrifier pour le karting, je me rends compte que j’aime aussi la photo, aller au cinéma, rencontrer des amis, travailler avec mon père, le ski, etc...Je décide donc d’arrêter la compétition à haut niveau, reprendre sérieusement des études et me fixer d’autres challenges dans la vie. Mais je garderai de magnifiques souvenirs de cette incroyable expérience, le goût de l’effort, la remise en question permanente, se battre sur la piste et fraterniser avec ses adversaires à l’extérieur, l’esprit d’équipe, l’hygiène de vie, la rigueur...et le bonheur éphémère de la victoire.

J’ai quitté une équipe de course pour en retrouver une autre. A Beau Soleil, je ne m’attendais pas à trouver cet esprit de corps, avec en plus l’amitié et la fraternité qui n’existaient pas en karting.